AU CREUX DE L’ÂME UN GOÛT AMER (zadjal)

Où se sont cachés les amis de naguère
lorsque surgirent  les chiens de guerre

celui à qui au sein de la pénombre j’avais confié
sans pudeur tous mes vieux secrets rouillés
les rires et les pleurs de mes amours passés
et mon âme déchirée à la fin de mon père

et toi qui me vis pleurer un soir
au jardin à l’heure où je perdais espoir
de revoir cette fille cachée sous un voile noir
qui  m’avait conquis d’un regard éphémère

en cet instant voilà qu’au soleil couchant
alors que je croule que je suis néant
vous êtes au loin froid comme le vent
qui s’allonge au soir d’hiver

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Les amis qui nous délaissent aux noires saisons
Creuse sur notre cœur de larges sillons
Où germent doute et trahison
Nous laissant au creux de l’âme un goût amer