VOUS ÊTES UNE FÉE

V   ous sautiez chacune des vagues mousseuses
O   fferte par les vents salins qui dessinait
U   n rouge frisson sur vos lèvres rieuses
S   ans savoir qu’au lever du jour je vous épiais
.
Ê   tes-vous ma brune la délicieuse fleur
T   oute éclose aux coloris tant rêvés
E   nfin trouverais-je ce matin la douceur
S   i j’étais celui que déjà vous désirez
.
U   ne âme s’amuse à vos tendres jeux
N   e bouger plus je me consume dans vos yeux
E   mprisonné
.
F   ée de Percé votre douce folâtrerie
É   clate et votre joie est ma sucrerie
E   nsoleillée

Acrotiche

AU VENT FOU

Ce soir voilà que d’une impulsion brumeuse
jaillit en bleu poudre l’esquisse berceuse
des mots follement doux à peine reconnus
tachant de fleurs étranges cette feuille nue

je vogue sur des rimes allégoriques
seul équipage d’un radeau romantique
hanté de chimères et vagues nuances
m’entrainant dans la frénésie de leurs danses

soudainement un insolite horizon
où virevoltent d’insondables papillons
surgit empanaché de fine broderie
au jeu pétillant de lucioles en folie
et se propagent en blanches silhouettes
coulantes tel le mielleux vol des mouettes

en dépit de la froidure qui nous poursuit
et du vent fou et lancinant qui nous détruit
poésie ton joyeux ruisseau de vin rosé
enivre les chimères de mes fleurs séchées

ma belle je n’aspire qu’à fuir ce désarroi
recréer sur mes jours la douceur de la soie
et sur la gamme colorée des sentiments
écrire un son démesuré et stimulant
pour que jamais ce monde devenu si gris
ne pleure les poètes à jamais enfuis

BOUQUET D’AUTOMNE


Les feuilles d’automne orange rouge rouille
se tordent et s’agitent
au sommet de ces dames à demi dévêtues

le vent loup-garou
les cueillant une à une
qu’il est beau d’être fou
frissonnant sous la lune

il les laisse jouer comme de petits chatons
tantôt à patte de velours
parfois au vilain frisson

le vent les secoue
les chatouillant une à une
qu’il est beau d’être fou
frissonnant sous la lune

prisonnière de son charme
elles glissent sur sa hanche
au sol tacheté de vagues lueurs

le vent tout doux
les épouse une à une
qu’il est beau d’être fou
frissonnant sous la lune

voilà qu’elles se couchent parfumées de terre tiède
devenue le pétale d’un étonnant bouquet 
aux vives flammes d’octobre

le vent fait la mou
les délaissant une à une
qu’il est beau d’être fou
frissonnant sous la lune

toi ma folie tu sommeilles nue aux étoiles
sur ce tapis fleuri orange rouge rouille
une feuille d’automne s’éteint sur la pointe de ton sein

le vent jaloux 
s’enfuit sous la brume
qu’il est bon d’être fou
frissonnant sous la lune

TU ME DONNES DES AILES

Tu sais… mon bateau vogue sur l’océan de tes yeux 
je sais… tu chavires lorsque je pleure
tu sais… ma voilure se gonfle de tes rires joyeux 
je sais… le plaisir sera notre demeure 

tu sais… nous traverserons des brumes
je sais… nous y pêcherons la joie
tu sais… je suis léger comme une plume
je sais… je dormirai sur toi

tu sais… la solitude se cache sur le pont
je sais… je la noierai sous une vague d’enfants
tu sais… un soir d’escale ils s’envoleront
je sais… j’entends déjà leurs chants 

tu sais… à la fin je coucherai au port
je sais…  je te prendrai la main
tu sais… s’enfuir comme un enfant s’endort
je sais… tu me prendras la main

tu sais… tu es mon grand mât ma voile et mes cordages
je sais… partons la mer est belle
tu sais… tu es la mer l’étoile le zéphyr et tout mon équipage
je sais… tu me donnes des ailes 

AU SOLEIL, JE NOURRIS LES PIGEONS

Aux premiers tapages du printemps
perchée sur de hauts talons aiguille
tu parades de longues jambes fragiles
légère demoiselle du vieux port 

alors que tu daignes tourner ton regard
sur ma vieille carcasse souillée
ton interminable chevelure rousse
ondoie et s’enchevêtre au vent

un instant je me glace d’émoi
quand tu ouvres des yeux immenses
verts brodés de cils si longs
pour se pendre à ton cœur

ta rouge bouche m’avale
d’un sourire de Joconde
tu dois mordre sans prévenir
aux plus tendres mots d’amour

j’aime ton petit corsage rose
qui se couche sur tes seins
et cette jupe infiniment courte
qui danse sur tes hanches

—–

si j’étais jeune puceau
mourant d’envie de toi
je me ferais naufrage
sur la plage de tes reins
mais sur ta cuisse tatouée
je fixe un papillon bleu
qui dort
étonnamment

—–

pourtant voilà que tu t’avances
vers moi ton pauvre chien
pour m’offrir un bouquet
de quelques morceaux de pain 

ah comme je t’aimerais belle
si jeunesse j’avais
moi qui devenu mendiant
vaincu d’une grande peine d’amour
vis recroquevillé sur ce banc
au soleil je nourris les pigeons