L’ON NOUS AVAIT DONNÉ FUSIL

Combattant de vaines guerres
pour engraisser de noirs vautours
j’aurai déserté cette terre
quand les  hommes  vivront  d’amour

pour une bouchée de pain
j’ai  quitté pays et pleuré mon père
croyant peut-être que pour les miens
il n’y aura plus de misère

rêvé que sous l’enchantement
d’une femme douce comme velours
les grisailles  prendront la clé des champs
et commenceront les beaux jours

plus tard les vieux loups viendraient
nous aurions fait notre prière
seul le grand chêne résisterait
mais nous, nous serons morts mon frère

ma belle m’avait confié son cœur
j’aurais voulu lui faire la cour
être son porte-couleur
quand les hommes vivront d’amour

jamais plus je ne chanterai
mon pays mes amours mes hivers
malgré tout j’ai rêvé qu’un soir d’été
ce sera la paix sur la Terre

sur ma tempe un filet de sang
je vois des marguerites tout autour
sans doute qu’au printemps
les soldats seront troubadours

l’on nous avait donné fusil
parlé de gloire et conté chimères
pour le président honneurs et vie
mais nous, nous serons morts mon frère

Paroles et musique: Raymond Lévesque. 1956
Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous nous serons morts, mon frère
Quand les hommes vivront d’amour
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours
Mais nous nous serons morts, mon frère

3 commentaires sur “L’ON NOUS AVAIT DONNÉ FUSIL

  1. Nous ne désespérons pas de voir la paix régner sur terre. Elle tarde à venir quand nous voyons partout à la télé et dans les journaux, les horreurs de la guerre qui défigurent l’humanité.

  2. Quel beau poème où tu ressens si bien celui qui te l’as inspiré. Ce désir fébrile de vivre d’amour s’inscrit au plus profond de notre cœur. Il ne demande qu’à éclore entouré d’amour et de tendresse mutuelle. Un désir qui nous propulse plein d’espoir vers un monde où il fera bon vivre où les fusils se seront enfin tus.

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