VILLE DE MES DOUCES AMOURS

La ville apparaît vraiment trop grise
à ceux qu’on nomme les vieilles gens
les ruelles devraient receler des surprises
et regorger du rire lumineux des enfants

la cité que tu me construiras
mon fils me rappellera les livres d’images
comme jadis chaque mot nous rapprochera
mais c’est toi à présent qui tourneras les pages

demain fait cadeau aux petits enfants
de ballons d’éclatantes couleurs
au crépuscule ils les donneront au vent           
la rue au soleil mourant deviendra en fleurs

plante des marguerites au carrefour
je veux entendre les oiseaux piailler
fais que pour mes derniers jours
la ville enfile sa robe de fée

bâtis la maison pour les enfants rieurs
ce sera bien pour moi l’aîné
je voudrais tant que le rouet des heures
retisse doucement mes jeunes années

ma mémoire s’enfuie je crois
chaque saison je deviens un peu plus fou        
mais ne garde en mémoire de moi
que le doux souvenir de nos promenades au mois d’août

—–

Juste avant qu’il ne soit trop tard,
que je perde la trace de mes douces amours

—–

tous deux ivre de notre dernier champagne
tu m’auras tenu très fort la main
et puis tu lanceras mes cendres du sommet de la montagne
sur la ville qui m’a vu naître un beau matin

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