AU VENT FOU

Ce soir voilà que d’une impulsion brumeuse
jaillit en bleu poudre l’esquisse berceuse
des mots follement doux à peine reconnus
tachant de fleurs étranges cette feuille nue

je vogue sur des rimes allégoriques
seul équipage d’un radeau romantique
hanté de chimères et vagues nuances
m’entrainant dans la frénésie de leurs danses

soudainement un insolite horizon
où virevoltent d’insondables papillons
surgit empanaché de fine broderie
au jeu pétillant de lucioles en folie
et se propagent en blanches silhouettes
coulantes tel le mielleux vol des mouettes

en dépit de la froidure qui nous poursuit
et du vent fou et lancinant qui nous détruit
poésie ton joyeux ruisseau de vin rosé
enivre les chimères de mes fleurs séchées

ma belle je n’aspire qu’à fuir ce désarroi
recréer sur mes jours la douceur de la soie
et sur la gamme colorée des sentiments
écrire un son démesuré et stimulant
pour que jamais ce monde devenu si gris
ne pleure les poètes à jamais enfuis

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