AU SOLEIL, JE NOURRIS LES PIGEONS

Aux premiers tapages du printemps
perchée sur de hauts talons aiguille
tu parades de longues jambes fragiles
légère demoiselle du vieux port 

alors que tu daignes tourner ton regard
sur ma vieille carcasse souillée
ton interminable chevelure rousse
ondoie et s’enchevêtre au vent

un instant je me glace d’émoi
quand tu ouvres des yeux immenses
verts brodés de cils si longs
pour se pendre à ton cœur

ta rouge bouche m’avale
d’un sourire de Joconde
tu dois mordre sans prévenir
aux plus tendres mots d’amour

j’aime ton petit corsage rose
qui se couche sur tes seins
et cette jupe infiniment courte
qui danse sur tes hanches

—–

si j’étais jeune puceau
mourant d’envie de toi
je me ferais naufrage
sur la plage de tes reins
mais sur ta cuisse tatouée
je fixe un papillon bleu
qui dort
étonnamment

—–

pourtant voilà que tu t’avances
vers moi ton pauvre chien
pour m’offrir un bouquet
de quelques morceaux de pain 

ah comme je t’aimerais belle
si jeunesse j’avais
moi qui devenu mendiant
vaincu d’une grande peine d’amour
vis recroquevillé sur ce banc
au soleil je nourris les pigeons

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